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« Je ne comprends pas pourquoi je ne me réjouis pas de partir en vacances. »

  • Photo du rédacteur: Katia Barthélémy Paillé
    Katia Barthélémy Paillé
  • 15 juil.
  • 3 min de lecture

C'est une phrase que j'ai entendue la semaine dernière au cabinet.

Sur le moment, cette femme culpabilisait. Ses vacances approchaient, le voyage promettait d'être magnifique et son entourage se réjouissait pour elle.

Alors pourquoi ne ressentait-elle pas cette impatience que tout le monde semblait trouver normale ?


Nous avons pris le temps de comprendre.

Au début, rien n'expliquait vraiment ce malaise. Elle aimait la destination. Elle aimait sa famille. Elle avait conscience de la chance de pouvoir partir.

Et pourtant... quelque chose résistait.


Puis, au fil de notre échange, une autre réalité est apparue. En réalité, elle n'appréhendait pas les vacances. Elle appréhendait tout ce qu'elle savait déjà qu'elles allaient lui demander : être entourée du matin au soir ; ne jamais vraiment avoir un moment seule ; composer avec des façons de vivre différentes ; faire attention à ce que chacun se sente bien ; éviter les tensions... prendre sur elle.


À cet instant, son regard a changé. Elle n'était pas "anormale". Son ressenti avait simplement une logique.


Les vacances réveillent parfois nos rôles habituels

Les vacances ont cette particularité de nous faire passer beaucoup de temps ensemble.

Et lorsqu'il s'agit de la famille élargie, chacun retrouve parfois, sans même s'en rendre compte, la place qu'il occupait depuis des années.

L'aînée qui prend soin de tout le monde.

Celle qui évite les conflits.

Celui qui veut faire plaisir à chacun.

Le sauveur.

La médiatrice.

Le conciliateur.

Nous partons en vacances... mais certains rôles, eux, ne prennent jamais vraiment de congés.


Aimer sa famille ne signifie pas ne jamais avoir besoin d'espace

Je crois que beaucoup de personnes culpabilisent à cette idée.

Comme si avoir besoin d'une heure seule voulait dire aimer moins. Comme si préférer parfois partir uniquement avec son conjoint ou ses enfants était une forme d'égoïsme.


Je ne le crois pas.


On peut aimer profondément sa famille... et savoir que plusieurs jours passés ensemble demanderont beaucoup d'énergie.


Les deux peuvent coexister.


Une prise de conscience qui m'a parlé

Cette séance m'a particulièrement touchée parce que je connais moi aussi ce sentiment.

Pendant longtemps, j'ai cru que le problème venait de moi. Puis j'ai compris que ce n'était pas un manque d'amour. C'était un besoin de respiration.


Je me souviens d'un épisode qui me fait sourire aujourd'hui.

J'avais enfin décidé de m'offrir un massage. Une heure, seule. Une heure de silence.

Et quelqu'un a eu cette idée, pleine de bonnes intentions :

"Pourquoi ne pas prendre un massage en duo ? Ce serait sympa !"

Je crois que je n'avais plus assez de batterie pour trouver ça sympa.

Sur le moment, j'ai eu besoin de m'éloigner quelques minutes pour retrouver mon calme. Avec le recul, je souris en y repensant. Ce n'était pas contre cette personne. J'avais simplement atteint ma limite. Et cette limite avait besoin d'être entendue.


Écouter ses besoins n'enlève rien à l'amour que l'on porte aux autres

Cette phrase est devenue importante pour moi.

Parce qu'elle résume beaucoup de situations que je rencontre au cabinet.


Prendre soin de soi n'est pas un manque d'amour. C'est souvent ce qui permet d'être ensuite pleinement disponible pour ceux que l'on aime.


Les vacances devraient être un moment où l'on se ressource.


Peut-être est-ce aussi l'occasion de se demander :

De quoi ai-je vraiment besoin, moi, pour revenir reposée ?


 
 
 

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